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Au coeur d'un parc boisé, jalonné de documents sonores et visuels

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Les armes secrètes allemandes, 1er pas vers la conquête spaciale

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Lieu de mémoire, authentique
et émouvant !

Historique

Le chantier débute en 1943

Les Allemands décident donc de construire une base de fusées V2 dans le nord de la France à Eperlecques.

Les travaux débutent en mars 1943.Les autorités allemandes font appel à la main d'oeuvre locale et à des requis du STO.

De nombreux hectares de forêt sont alors déboisés.

27 août 1943 : le premier bombardement

Le 16 mai 1943, suite aux renseignements fournis par la résistance, notamment par le réseau Zéro France, un avion de reconnaissance de la RAF (Royal Air Force) prend des clichés aériens.

A Londres, le docteur Jones, conseiller scientifique de la RAF, établit un lien entre Peenemünde, centre de recherches sur les armes V et le chantier d'Eperlecques

Le 29 juin 1943, le comité de défense du cabinet de guerre anglais décide l'attaque de Peenemünde et d'Eperlecques

Le 27 aout 1943, premier bombardement du Blockhaus d'Eperlecques par 185 forteresses volantes de la 8ème USAAF 

Entre août 1943 et août 1944, le Blockhaus d'Eperlecques sera bombardé 25 fois.

Vous trouverez le tableau de ces bombardements sur le lien suivant : Le tableau des différents bombardements d'Eperlecques

La modification des plans après le 27 août 1943

Une série de plans retrouvée dans les archives allemandes montre le blockhaus d’Eperlecques. Un croquis ci-joint de M. Y. Delefosse montre l'état actuel du Blockhaus par rapport au projet initial.

Il s'agissait essentiellement d'une véritable usine de montage pour les fusées V2.Celles-ci étaient assemblées dans la partie située au nord, comme nous pouvons le voir sur le plan (dessins de M. Y. Delefosse).

Cette partie était desservie par deux voies ferrées, réunissant Calais - Saint-Omer.

Entre ces deux voies se trouvait un garage pour les véhicules routiers qui accédaient à ce même blockhaus et pouvaient s'y décharger. Ce côté du bâtiment, quoique très endommagé par les bombardements ultérieurs, est encore visible aujourd'hui. Plus au sud, se trouvait le hall d'assemblage et de vérification des fusées V2, et dans la dernière partie était prévue l'installation de cinq groupes compresseurs de fabrication d'oxygène liquide.

Une fois dressée verticalement dans la galerie, la fusée était transférée et remplie de ses combustible et comburant. La fusée ainsi équipée était prête à être expédiée, elle traversait alors le couloir et la porte pivotante de 17.5 mètres de haut, dont nous voyons encore l'emplacement puis avait lieu la mise à feu.

Il est à remarquer qu'il existe des chicanes sur les parois latérales de ce couloir. Ces chicanes sont encore visibles, elles étaient destinées certainement à rompre l'onde de choc qui pénétrait dans le couloir au moment du départ de la fusée.

Après le bombardement du Blockhaus d'Eperlecques le 27 août 1943, les autorités militaires allemandes prirent conscience de la vulnérabilité de leur chantier. Il était en effet devenu impossible d'utiliser le Blockhaus d'Eperlecques comme base unique pour assembler et envoyer des fusées.

Novembre 1943 : les travaux reprennent

Il faut trouver d'urgence une solution pour terminer la réalisation, du moins la partie sud du bâtiment qui avait pratiquement échappé aux bombes alliées.

L'ingénieur Floss eut alors l'idée extraordinaire de poursuivre cette construction par la méthode, dite de "la tortue" : c'est-à-dire de fabriquer une carapace de béton de 5 mètres d'épaisseur, de la couler au niveau où les constructions étaient arrivées à ce moment, et ensuite de soulever cette carapace par des vérins hydrauliques, ce qui mettait le chantier à l'abri des bombardements.

Grâce à cette technique, le Blockhaus actuel fut construit. Le toit, réalisé en plusieurs sections, a été soulevé par paliers successifs et nous pouvons encore voir aujourd'hui les strates de béton qui ont été coulées après chaque élévation pour former le mur extérieur. Cette partie du blockhaus fut montée ainsi jusqu'à une hauteur de 22 mètres, ce qui créa à l'intérieur un volume suffisant pour, non seulement installer l'usine d'oxygène liquide, mais aussi servir d'abri pour le personnel et de point de stockage pour les éléments des fusées, du comburant et du combustible nécessaire à leur fonctionnement.

Les Allemands n'abandonnent pas...

On peut supposer que les techniciens allemands n'avaient pas entièrement renoncé à utiliser le blockhaus d'Eperlecques, même dans sa forme réduite, comme base entièrement autonome pour l'assemblage et le lancement de quelques fusées.

La présence d'une série d'ouvertures dans le haut du couloir de sortie des fusées pour permettre, sans doute, l'évacuation des gaz qui risquaient de s'accumuler dans ce couloir, corrobore ce point de vue. C'est, vers la même époque,que devant l'impossibilité de réaliser à Eperlecques un bâtiment unique permettant en même temps d'assembler des fusées et de fabriquer de l'oxygène liquide, il fut décidé de transférer ces ateliers de montage et de lancement sous la coupole de Wizernes, une ancienne carrière de calcaire ainsi les usines ou bases de lancement étaient à l'abri des bombardements alliés.

Malgré les bombes...

Une bombe tallboy tomba directement sur la façade nord du bâtiment, une autre tomba à 27 mètres de la façade sud.
Sur la façade nord, on peut voir encore la trace de l'impact à l'intérieur, mais la bombe ne fit pratiquement pas de dégâts au bâtiment, elle l'ébranla sans doute, et le cratère fait dans le béton fut rapidement réparé par les Allemands, car au moment de la libération par les troupes alliées le coffrage qui avait été utilisé pour cette réparation était encore en place.