3 OCTOBRE 1942 : premier tir réussi d’un A4/V2 à PEENEMÜNDE sur le pas de tir n°7
Devant cette réussite, Hitler veut utiliser le V2 comme arme révolutionnaire et donne de gros moyens de façon à récupérer le temps perdu et exige de les protéger dans de gros Blockhaus, étant fasciné par les Blockhaus qu'il a pu voir quand il était caporal pendant la
première guerre mondiale.
Les ingénieurs demandent au Führer de pouvoir continuer des recherches sur des lancements mobiles; il accepte mais maintient l'exigence de gros Blockhaus pour protéger cette arme. En 1942, il faut 7h pour installer un V2 prêt à décoller.
Le Blockhaus d'Eperlecques est bombardé pendant sa construction le 27 août 1943 et les recherches sur les lancements mobiles ont évolué au point où tous les véhicules sont construits en petite série.
Il suffit d'un peu plus d'une heure pour préparer un V2 sur un pas de tir mobile.
Les Allemands ont compris qu'ils n'ont pas besoin de Blockhaus pour le lancement de fusées V2, mais ils ont besoin d'usines de production d'oxygène liquide , comburant indispensable au V2.
Les Allemands hésitent à recommencer un Blockhaus à 3 km, mais réflexion faite, ils optent de terminer uniquement l'usine d'oxygène liquide et décident de réaliser 3 grandes dalles de béton un peu plus grandes qu'un terrain de tennis sur le plateau de la forêt d'Eperlecques pour installer des pas de tirs mobiles pour les fusées V2.
A l'autre extrémité de ce massif forestier se trouve une rampe de V1.
La forêt d'Eperlecques est le premier emplacement sélectionné pour recevoir une rampe de V1 une base de V2 et 3 pas de tirs pour les lancements mobiles de V2, le seul lieu ayant regroupé les armes auto propulsées, une façon de contourner le Traité de Versailles ne prévoyant pas qu'une arme pourrait être autonome.
Le V1, petit avion bombe sans pilote, est la première utilisation du pulsoréacteur de façon industrielle.
Le V2, première fusée bombe sans cosmonaute, dépassant de 4 fois la vitesse du son. Cette fusée ouvrira l'ére de la conquête spatiale!
Afin de répondre favorablement aux demandes du Führer, la partie base de lancement, devant être construite à Eperlecques, sera délocalisée sur le site de stockage de V2, à Helfaut : la construction d'une gigantesque coupole de béton sera à même le sommet de la carrière de gypse, aucune fondation lui est nécessaire, étant convaincu que ce seront les lancements mobiles qui seront utilisés pour le lancement des fusées V2.
La coupole permettra d'attirer les bombardiers "comme des mouches sur du miel" afin de créer une diversion!
Il faudra attendre qu'Hitler reconnaisse que le lancement mobile, est la meilleure solution. A partir de juillet 1944, la majorité des V2 sera tirée de l'avenue principale de la Haye en Hollande.
Plus de 3 170 V2 seront tirés. Contre 22 384 V1 dont on estime qu'environ 59% atteignirent les zones visées.
La fin de la guerre
A la fin de la guerre, les experts alliés inspectent les laboratoires et ateliers de développement des industriels ou les centres d'expérimentation de l'armée et sont abasourdis par ce qu'ils découvrent en Allemagne : des projets incroyables que les alliés vont s'approprier.
Dans les usines allemandes
les Américains se saisissent de 250 fusées V2
les Britanniques obtiennent 75 V2
les Soviétiques auront le reste et les projets inachevés des Allemands.
Les Soviétiques vont donc remettre en route la production de l'usine de Nordhausen en 1945, un an plus tard 30 fusées y seront assemblées.
Ils vont, par la suite, délocaliser l'usine en URSS avec tous les experts allemands et leur famille qui leur sont nécessaires, c'est entre 6 000 et 7 000 personnes qui seront déportées. Alors que les Américains n'emportent que les experts seuls dans de pressants départs.
Tandis que les Américains accordent la citoyenneté aux Allemands (ex: Von Braun naturalisé en avril 1955), les Soviétiques les cachent et les renvoient par la suite.
En route pour la conquête spatiale
Les Américains vont offrir des postes clés aux Allemands pour le projet "Apollo", qui enverra des hommes marcher sur la lune.
Du côté russe, Korolev travaille sur les plans d'une fusée et en août 1949, l'URSS fait exploser sa première bombe atomique.
Les anciens projets découverts par les Alliés à la fin de la guerre, ainsi que les connaisssances des Allemands servent aujourd'hui à aller dans l'espace.